Protection sociale : Le BIT forme des acteurs nationaux
Ils ont reçu leurs parchemins hier,
à l’issue de deux sessions de formation tenues en février et en juillet
derniers.
Plus d’une centaine
de cadres nationaux impliqués dans un système national de protection sociale
ont reçu des certificats de formation du Bureau international du travail (Bit),
ce mardi 25 août à Yaoundé. Cette cérémonie de graduation venait boucler une
série de formations dispensées en février et mai 2015. Cela après un échange d’enseignement,
sur «l’universalisation de la protection sociale en santé et sur l’extension de
la couverture et la gouvernance des systèmes nationaux de protection sociale». L’objectif
étant d’amener les participants à mieux comprendre les défis à relever et à
acquérir les outils de base permettant de contribuer efficacement, à mieux
orienter, conseiller, gouverner, gérer, administrer, et superviser des
initiatives nationales visant la mise en œuvre des socles nationaux de
protections sociale dans un contexte financier, économique et politique en
constant changement.
Le premier
atelier de formation (du 2 au 4 février 2015), visait à fournir aux
participants les connaissances et outils requis pour contribuer plus efficacement
à la conception et à la construction de mécanismes d’assurance maladie de base
accès universel. Le second atelier organisé du 12 au 15 mai 2015, était axé
autour du renforcement des capacités institutionnelles des participants, en vue
de contribuer à la mise en place d’un système national de protection sociale
plus inclusif et pérenne.
Une réalité peu rassurante
Citant le
rapport mondial sur la protection sociale 2014-2015, le Bit apprend que dans le
monde, près de 18.000 enfants meurent chaque jour de causes évitables, malgré
le fait que bon nombre de ces décès
auraient pu être empêchés grâce à une protection sociale adéquate. En plus
ajoute l’institution onusienne en charge de la régulation du travail, «plus de 90% de la population vivant dans des
pays à faibles revenu ne bénéficie d’aucun droit à une couverture de santé. A
l’échelle mondiale, 39% de la population ne bénéficie pas d’une telle
couverture. Par conséquent, environ 40% des dépenses mondiales de santé sont
directement assumées par les personnes malades», dévoile le rapport.
Au Cameroun,
les chiffres ne sont guère plus reluisants. En effet, on estime à plus de 80%
la proportion de la population active camerounaise qui évolue dans le secteur
informel et de ce fait, bénéficie d’aucune protection sociale. Pour inverser la tendance, le ministère du travail et
de la sécurité sociale a lancé un ensemble de réformes, dont la plus efficace,
est le lancement par la caisse nationale de prévoyance sociale, du nouveau
régime d’assurance volontaire. Cette sorte de régime de sécurité sociale adapté
aux professions libérales et aux acteurs de l’économie informelle aurait
dépassé la barre des 10.000 abonnés (à mai 2015), a-t-on appris à la Cnps. Mais
au regard des 80% de la population camerounaise à couvrir, on reste bien loin
des objectifs visés.
«L’extension de la couverture de la
protection sociale est une nécessité permettant la pleine réalisation du
potentiel économique d’un pays. Puisque seules les personnes en bonne santé,
instruites et bien nourries peuvent être pleinement productives», a rappelé
Théofiste Boutaré, le représentant du Bit. D’autres formations similaires
auront lieu dans les prochains mois, a-t-il ajouté.
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